Back to the future (of work)

Jan 25, 2022
homme souriant, assis avec un ordinateur sur les genoux

A bord de sa DeLorean,  Doc Emmett Brown atterrit en 2050, époque où le travail ne se vit plus de la même manière. Témoin de bouleversements profonds dans la sphère professionnelle qui ont, à leur tour, impacté la société, il partage son constat dans une lettre adressée  à Marty qui lui parviendra… en 1985.

Cher Marty,

D’abord, rassure-toi. Jamais, la DeLorean n’a été si loin dans le temps, mais le convecteur temporel a tenu le choc. Donc je vais bien. Ici, nous sommes en 2050, et crois-moi, les choses ont bien changé.

D’abord, tiens toi bien, les gens ne se rendent plus au travail ! Oui, tu m’as bien lu. En 2050, on travaille d’où l’on veut, ils appellent ça « le full remote ». Et libre à toi de travailler pour une entreprise depuis Dubaï, Hawaii, Bali ou Buenos Aires.

La liberté dans le travail est d’ailleurs partout. Fini l’exclusivité. Les contrats sont devenus plus flexibles. On travaille pour une mission, un objectif et surtout on travaille moins.

Du coup, cher Marty, en 2050, le contrat de freelance a incontestablement la cote. Le travail n’est plus synonyme de prison, même si le CDI semblait plus protecteur et permettait une carrière au long court.

C’est que les priorités ont changé. Quelle transformation ! La quête de sens a définitivement supplanté les ambitions individuelles. La bienveillance est la norme dans toutes les strates de l’entreprise. Le manager n’est plus ce petit chef qui par-dessus ton épaule passait son temps à te surveiller. Au contraire ! Il est devenu un coach, un mentor et a pour mission première de faire grandir ses collaborateurs. Confiance, responsabilité. Le travail n’est plus un labeur, mais un plaisir.

Tout bon scientifique, ai-je besoin de te le rappeler Marty, te le diras (et qui est le meilleur, en toute modestie, si ce n’est moi !). Rien ne peut battre la loi de la causalité. Pas d’actions sans conséquences. Le monde du travail a fait sa révolution et a entraîné toute la société derrière lui. A moins que ce ne soit l’inverse. Ou que les deux mouvements aient été concomitants. Nom de Zeus ! Je m’y perds. Quoi qu’il en soit, la réalité est bien là.

Prends l’exemple des villes. Dans ton présent de 1985 (et plus tard encore) y vivre est un véritable calvaire. Les bureaux ont pris la place des quartiers historiquement résidentiel, les navetteurs bloquent les accès créant des bouchons interminables, les usines polluent l’air que nous respirons.

En 2050, quel changement ! Le boom du full remote rend les bureaux inutiles. Les villes et les quartiers d’affaires ont été réinvestis par des résidents. Il n’y a plus de voiture ! Les villes sont piétonnes, avec un réseau de transports en commun extrêmement efficace. Toutes les commodités seront accessibles en quelques minutes. Les villes intègrent même la nature avoisinante avec une émergence d’espaces verts et de zones boisées. La qualité de vie est devenue la valeur n°1.

D’ailleurs, cher Marty, en 2050, la richesse d’une nation ne se mesure plus uniquement  par son PIB. Equité, impact environnemental, durabilité, parité, bonheur, sont des paramètres qui comptent désormais tout autant, sinon plus, que les mesures simplement quantitatives.

Tout cela n’aurait pas été possible sans les combats menés par les générations précédentes (par rapport à 2050, à commencer par les Y et Z). Ce sont celles de tes enfants et de tes petits-enfants Marty. Nous avions une fâcheuse tendance à critiquer les nouvelles générations comme les nouvelles technologies.

Pourtant, ce sont ces générations qui, indépendamment de leur origine ethnique, sociale ou géographique ont développé des valeurs communes a contrario des « plaisirs » individuels et lutté ensemble contre le changement climatique et pour une vie guidée par la recherche du sens et du bonheur. Ce que je vois en 2050 prouve qu’elles ont réussi.

Toutefois Marty, n’oublie pas une chose. Le futur comporte de multiples possibles et les séquences chrono-temporelles sont infinies. L’avenir dépend donc des choix effectués dans le passé et la version de l’année 2050 où je me trouve ne se réalisera que si les bonnes décisions sont effectivement prises. A ta génération et aux suivantes de faire en sorte que cela se produise.

En attendant mon retour, je te remercie d’avoir pris soin d’Einstein. J’espère que ses aboiements ne te réveillent pas trop tôt le matin.

Passe le bonjour à Jennifer de ma part.

Ton ami dans le temps et de toujours.

Docteur Emmett Brown



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