Brown-out : dites non aux « bullshit jobs »

Aug 19, 2020
Homme brown-out à son bureau devant son ordinateur

De retour à votre poste de travail, vous voilà assis devant votre ordinateur, complètement passif. Vos yeux se promènent dans le vide. Dans votre tête, les pensées s’entrechoquent mais, finalement, se résument toujours à la même antienne : « Qu’est-ce que je fais là ! ». Nostalgie de vacances qui passent toujours trop vite ? Envie d’un dernier bain de soleil au bord de la mer ? Pas vraiment. Vous étiez déjà dans cet état avant de partir, et il y a deux mois, et il y a 6 mois, et il y a un an, voire plus. Et si vous étiez victime d’un brown-out ?

Ni burn-out, ni bore-out, le brown-out peut se définir par le désengagement continu des individus au travail face à des missions qui leur semblent complètement dépourvues de sens. La notion est donc intimement liée au concept de « bullshit jobs » (« jobs à la con ») défini en 2013 par l'anthropologue David Graeber dans son ouvrage éponyme.

Brown-out : un fléau répandu

Contrairement au burn-out qui est un état soudain d'épuisement temporaire, le brown-out peut avoir des effets durables à long terme sur la vie professionnelle et personnelle d'une personne. Il est, de plus, beaucoup plus répandu sur le lieu de travail. Une étude (2016) menée par la société américaine de coaching Corporate Balance Concepts , environ 5 % des 1 000 cadres  interrogés souffraient d’un burn-out, tandis qu’ils étaient 40 % à souffrir d’un brown-out. En France, une enquête sur le sens au travail réalisée en 2019 par Kantar TNS pour Randstad a révélé que 18 % des Français ont le sentiment d’occuper un emploi « inutile ». Ils étaient 23 % à être prêts à créer leur propre activité et 20 % à « changer radicalement » de métier.

Les causes de l’apparition du syndrome du brown-out ne sont pas à chercher très loin. Accusé principal : l'évolution récente des modèles d'organisation du travail. Depuis plus d'une décennie, un climat économique de plus en plus difficile a conduit les entreprises à restreindre leurs effectifs avec pour conséquence une nette hausse de la charge de travail par employé. Résultat : une augmentation des tâches standardisées à tous les échelons de l’entreprise qui s’est traduite  par une réduction du temps de repos ou d'échange d'idées. La multiplication des activités quotidiennes formatées, chronophages et sans valeur ajoutée a fatalement abouti à vider le travail de tout son sens. Rien d’étonnant alors que, des employés aux cadres, ceux-ci finissent par se désengager émotionnellement des tâches qui leur sont confiées. L’absence de sens contrevient directement à la première Loi du bien-être au travail : « Pour aller bien, il faut se sentir utile ».

Brown-out : connaître les signes d’alerte

Concrètement, il n’est pas toujours facile de repérer un brown-out. Toutefois, certains signes doivent sonner l’alerte :

  • la lassitude
  • le sentiment d’être inutile
  • le désintérêt progressif pour son travail
  • l’accumulation d’excuses pour s’esquiver
  • la fameuse question : « Pourquoi suis-je ici ? »

Aujourd’hui, plus que l’argent, la recherche de sens dicte les priorités des candidats à l’emploi, particulièrement chez les générations Y et Z. Ils vont donc finement scruter la culture de l’entreprise à laquelle ils vont postuler. Celle-ci doit régulièrement offrir sa reconnaissance aux collaborateurs, leur donner un sens réel de l’importance des missions qui leur sont confiées au regard des objectifs stratégiques de l’organisation, parvenir à créer un fort sentiment de communauté et encourager l’apprentissage continu, tout cela afin de créer du sens.

Le sens au travail, une obligation

Désormais, trouver du sens à son travail n’est plus optionnel, c’est un impératif. Il est plus que temps de dire non aux « bullshit jobs ». Que l’on soit âgé de 25, 30 ou 55 ans, il n’est jamais trop tard pour changer. Trouver le boulot de ses rêves n’a rien d’une mission impossible. Aujourd’hui, les solutions existent. Alors pourquoi ne pas les utiliser ?

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