Demain, tous freelances sur le marché du travail ?

Oct 28, 2020
smiling businessman in eyeglasses sitting by the table in cafe with laptop computer while using smartphone and writing something

Le statut de freelance concerne un nombre toujours croissant de personnes en Europe, comme dans le monde. Selon une étude réalisée par la plateforme Malt en 2019, il y aurait en France 930 000 freelances, soit une progression de 145 % en 10 ans.

Effets de la (des) crise (s) ? Situation temporaire, en attendant de revenir vers la signature du fameux CDI ? Par vraiment, si l’on entre dans le détaille de la même étude. En effet, 90% des freelances déclarent l’être par choix et 92% des freelances voient le freelancing comme une situation à long terme. Le statut séduit, car il est en phase avec les aspirations de l’époque. A commencer par celles des Millenials en quête d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, valorisation de l’individu, transparence et éthique, indépendance de pensée. En bref, d’autonomie.

Besoin d’indépendance

Pas étonnant, alors, que dans les motivations qui ont poussé les freelance à passer le cap (Etude Malt 2019), on retrouve le besoin d’indépendance (88 % des répondants), la possibilité d’organiser librement son emploi du temps (81 %), la liberté de choisir leurs clients et projets (57 %), loin devant tester l’entrepreneuriat (35 %), ou même gagner plus (33 %).

Certes, tous les freelances ne sont pas des digital nomads, mais ils sont tous mobiles et partagent l’impératif du « choisir pour soi ». La preuve, ce ne sont franchement pas des nostalgiques du CDI. 89 % des freelances ont déjà été employés. 88 % ne souhaitent pas le redevenir (contre 73 % en 2018).

Les freelances représentent donc une force avec laquelle les entreprises vont devoir plus que jamais compter. Et pour ces dernières, il pourrait bien représenter un réel avantage en termes :

- D’agilité

Pour 79 % des dirigeants d’entreprises, travailler avec des freelances est un avantage compétitif pour leur organisation, citant l’agilité comme premier bénéfice. Cela les inciterait à adopter un management favorisant l’autonomie, la créativité et les responsabilités.

- De réactivité

Recruter des travailleurs indépendants permet à une entreprise d’intégrer les ressources nécessaires uniquement lorsqu’elle en a réellement besoin.  Elle peut ainsi réagir rapidement aux nouvelles contraintes du marché tout en gardant le contrôle de ses coûts, la plupart des freelances travaillant sur des missions courtes, exactement dimensionnées aux nécessités du moment.

- De qualité

Les freelances sont de réels experts de leurs sujets. Travaillant avec de multiples clients, sur de nombreuses problématiques, l’effet d’expérience joue à plein pour ces derniers, bien plus que pour un « salarié traditionnel ». Ils sont ainsi en mesure de proposer des solutions réellement innovantes.

Et la motivation, me direz-vous ? Un free lance est-il moins engagé envers son client qu’un employé envers l’organisation qui l’emploie ? Une enquête réalisée à l’échelle mondiale par IBM Smarter Workforce vient battre cette idée en brèche. Le freelance est ainsi plus engagé avec un indice d’engagement de 4 (sur une échelle de 5) contre 3,70 pour le salarié d’une entreprise.

Selon le site Manager-go, voici les cinq étapes indispensables auxquelles un manager doit penser pour recruter un freelance :

  • Définissez vos besoins et élaborez un cahier des charges.
  • Fixez un budget pour la prestation.
  • Faites votre recherche pour établir une short list.
  • Evaluez et choisissez un freelance.
  • Rédigez le contrat de prestation de service.
Améliorer le statut

Aujourd’hui, le freelancing est particulièrement visible dans les métiers technologiques (devOps, data scientists…), de la communication et du webmarketing. Demain, il devrait être présent dans un nombre toujours croissant de secteurs, du commerce  aux services, en passant par l’industrie. Selon une étude coréalisée aux Etats-Unis par la Freelances Union et la plateforme Upwork, plus de 50 % de la force de travail américaine pourrait être composée de freelances à l’horizon 2027.

D’où l’impérieuse nécessité de se pencher sur les améliorations à apporter au statut. Ce n’est pas un hasard si, en France, 85 % des freelances ne se sentent pas pris en considération dans le débat politique et économique. Comme le note dans une tribune Pauline Trequesser, fondatrice du collectif de freelances bordelais Cosme, « la France a (…) un sacré train de retard sur les mesures de protection de ces travailleurs. Protection sociale, chômage, retraite, logement et crédit bancaire, parentalité : tout y passe (…) : la protection des travailleurs indépendants n’est pas à la hauteur de leurs ambitions ».

Il va falloir pourtant y travailler. L’avenir des entreprises va de plus en plus passer par le recours aux freelances. C’est, cela, la réalité.

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