« Malgré le coronavirus, la majorité de nos missions de recrutement se poursuivent »

Jun 20, 2020
Personne regardant et écoutant une vidéo sur tablette

Le 18 mars dernier, l’Organisation internationale du travail a tiré la sonnette d’alarme. L’organisme a appelé les gouvernements à prendre des mesures urgentes pour atténuer l’impact de l’épidémie de Covid-19 qui touche actuellement le monde. Et pour cause : la pandémie pourrait entraîner la perte de 25 millions d’emplois à l’échelle planétaire. Alors que la catastrophe sanitaire va se doubler d’une sévère crise économique et sociale, nous avons voulu vérifier comment la situation évoluait sur le terrain en prenant directement langue avec des experts de l’emploi. Malgré un agenda surchargé, Aude Boudaud, Directrice Associée Finance et IT au sein du cabinet de recrutement Robert Walters, a accepté de répondre à nos questions. Pour Jobgether, elle fait le point, non seulement sur l’état des missions de recrutement en pleine crise du coronavirus, mais aussi sur la façon dont son entreprise s’est réorganisée en interne pour faire face aux nombreux défis du jour.

De quelle manière la crise du coronavirus impacte-t-elle les missions de recrutement ?

Dans la majorité des cas, les missions de recrutement se poursuivent presque normalement, notamment si le processus est bien avancé. Cela facilite les choses si un entretien physique a déjà eu lieu.

Néanmoins, quelques missions ont été mises en « stand by » en raison du manque de visibilité sur l’économie. Certains de nos clients préfèrent rester prudents et attendre la fin de la crise sanitaire pour procéder à un éventuel recrutement. D’autres ne souhaitent pas engager de processus pour le moment, du fait de l’impossibilité d’organiser une rencontre physique avec le candidat.

Et pour les missions qui en sont à leur tout début ?

Le cabinet Robert Walters est sollicité pour de nouvelles missions de recrutement malgré la crise sanitaire, signe que tout est loin d’être gelé. Les échanges se déroulent très bien à distance, notamment à l’aide de la vidéo.  Une question fondamentale se pose néanmoins : le processus ainsi engagé ira-t-il jusqu’à son terme en l’absence de rencontre réelle entre l’entreprise et le candidat au poste ?

Pourquoi la rencontre physique reste-t-elle si importante ?

Pour un candidat, il peut être plus difficile de fixer son attention en vidéo, surtout s’il doit faire face à plusieurs interlocuteurs simultanément : par exemple, un DRH et deux opérationnels. De même, se déplacer dans les locaux de l’entreprise peut livrer de nombreuses informations sur l’entreprise qui recrute.

Pour les consultants et les entreprises, l’enjeu est de mesurer efficacement le ressenti que l’on peut avoir par rapport à tel ou tel candidat, ce qui peut être plus difficile lors d’un entretien vidéo.

De plus, les parties prenantes peuvent rencontrer des difficultés techniques dans la réalisation des entretiens à distance : problème de transmission, manque de matériel etc.

Dans les cas des processus qui ont été interrompus, comment procédez-vous avec le candidat, qui a besoin, vraisemblablement, d’être rassuré ?

Dès la crise entamée, notre première action a été de contacter l’ensemble de nos clients et de nos candidats en processus. Si un recrutement est souvent générateur de stress, c’est encore plus vrai aujourd’hui dans ce contexte inédit et nous nous devions de les accompagner dans cette épreuve et de les rassurer quant au processus en cours.

Comment, chez Robert Walters, vous êtes-vous réorganisés pour répondre aux impératifs de cette crise sanitaire ?

Robert Walters France, c’est environ trois cents collaborateurs qui, grâce au télétravail, permettent au cabinet de fonctionner normalement aujourd’hui. Techniquement, nous sommes équipés pour pouvoir travailler à distance depuis déjà plusieurs années.

Dans ce contexte, le plus important était de pouvoir garder du lien avec nos candidats, nos clients mais aussi entre collaborateurs Robert Walters. Nous organisons régulièrement des réunions, des ateliers et même des moments de détente en visioconférence afin de reproduire l’ambiance que nous vivons au quotidien au sein du cabinet. Il est essentiel de rester à l’écoute de ses collaborateurs ; qu’ils puissent partager leur journée, leurs craintes mais surtout leurs joies.

Quelles conséquences futures, cette crise pourrait-elle avoir sur l’organisation du travail au sein des entreprises. Notamment en termes de travail à distance partiel ou total (« remote ») ?

Il est très difficile de prévoir quel sera l’impact de cette crise sanitaire dans l’avenir. Je reste néanmoins persuadée que le travail sur site restera la forme d’organisation prépondérante, au moins à court terme. L’effet d’expérience va surtout nous apporter de nombreuses informations sur les procédures véritablement efficaces à distance.

Cherchez moins, trouvez mieux. Cliquez ici.
Partager :
Noter :