Pleins feux sur le full remote

Jun 20, 2020
Homme devant l'ordinateur parlant dans un casque de chat vocal

« Full Remote », « distributed company » (entreprise distribuée), ces expressions synonymes ne sont pas encore familières à nos oreilles. Mais elles pourraient vite le devenir.

Les entreprises en « full remote » désignent ces structures qui, nativement ou pas, ont un modèle détonnant. L’ensemble de leurs collaborateurs sont à 100 % en télétravail. Un mode d’organisation encore peu présent en Europe mais qui, aux Etats-Unis, fait de plus en plus d’adeptes. Pourquoi ? En voici, quelques avantages:

  • En full remote, disposer d’un vivier de talents inépuisable

Dans ce modèle, le recrutement ne connaît plus de contraintes géographiques. Les talents du monde entier sont, en quelque sorte, à la disposition de l’entreprise qui peut ainsi choisir la personne qui lui conviendra le mieux tant du point de vue des tâches à lui confier qu’aux valeurs qu’elle entend porter.

  • Augmenter la productivité des collaborateurs

C’est l’une des questions qui se pose le plus souvent. Le collaborateur qui travaille à distance est-il moins ou plus productif que son collègue au bureau ? Sur le sujet, les études concordent. Il l’est plus. Selon une étude Gallup, parue en 2017, il l’est même plus de 20 à 25 %. De quoi créer, pour l’entreprise, une véritable différence.

  • Réaliser des économies substantielles

Le full remote élimine à la fois toutes les dépenses liées aux installations immobilières (loyers…) mais également toutes celles liées aux équipements de type mobiliers, fournitures de bureau… De quoi permettre à l’entreprise de procéder à de précieuses économies tout en lui donnant la possibilité de réorienter ces fonds vers d’autres postes.

  • Faciliter la pérennité de l’activité

En cas de catastrophe, par exemple naturelle, la répartition continentale (voir planétaire) des équipes va faciliter la continuité de l’activité, contrairement à une société « sur site » qui se verra fatalement gravement impactée.

Mais les avantages ne se limitent pas au seul employeur. Le salarié y trouve également de multiples bénéfices :

  • D’importants gains de temps

Les collaborateurs d’une entreprise en full remote n’ont plus à dépenser ni temps ni argent pour se rendre au bureau. Ils ont également la liberté de choisir leur lieu de travail tant qu’ils ont accès au matériel nécessaire à leur activité, comme par exemple une connexion haut débit, un ordinateur, etc. Un degré de flexibilité qui est loin d’être négligeable.

  • Un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle

En organisant lui-même son temps de travail, le collaborateur peut jouer sur l’ensemble des mécanismes qui lui assureront une répartition optimale entre temps de travail et vie personnelle.

  • Un véritable sentiment d’appartenance

C’est peut-être contre-intuitif, mais c’est pourtant le cas. Parce que les équipes grandissent et progressent ensemble, le full remote peut donner aux salariés à un véritable sentiment d’appartenance commun, et donc, un esprit que l’on retrouve rarement dans une entreprise traditionnelle. Les équipes se développement au rythme de l’entreprise, la synergie devient totale.

Ceci dit, le modèle full remote possède aussi des inconvénients et peut ne pas convenir à tous. Ainsi, pour l’employé, le principal danger réside dans le sentiment d’isolement qu’il pourrait finalement ressentir. Avec, pour conséquence, un risque de burn-out ou de brown–out qui le verrait ainsi dévisser.

Autre risque à évoquer, celui de la stagnation professionnelle. En d’autres termes, est-il possible de faire carrière, de gravir les échelons, lorsque l’on travaille dans une « entreprise distribuée » ? Le modèle est trop jeune pour fournir une réponse à ce jour. Mais la question mérite incontestablement d’être posée.

Côté employeur, le full remote peut aussi interroger. Pour ce dernier, l’éloignement des équipes peut poser le problème de leur animation. Dans leur grande majorité, les managers aiment avoir leurs troupes à proximité. Le full remote va les bousculer dans leurs habitudes avec, finalement deux grands points d’interrogation : « Comment encourager et mesurer la productivité des collaborateurs quand ils sont tous à distance ? » Et peut-être de manière plus existentielle : « Que veut dire être un manager quand on se trouve à des centaines, voire des milliers de km de distance de ses équipes ? »

Ces entreprises qui sautent le pas

Encore peu nombreuses dans le vieux continent, certaines entreprises ont toutefois choisi de franchir le Rubicon. C’est notamment le cas de l’agence WordPress Whodunit qui, en 2017, a choisi de fermer ses bureaux à Paris pour passer au full remote. Ses responsables rappellent que « plusieurs essais d’organisation, des heures de veille, des efforts de communication de chacun furent nécessaires avant de parvenir à un résultat qui convenait à tous et à une gestion des projets fluide. Juger aux résultats, et non au temps mis pour accomplir la tâche est le plus important au final (…). Faire des essais, des erreurs et corriger sont les étapes nécessaires pour trouver la recette parfaite. Lorsque c’est le cas, commence vraiment la partie bénéfique du télétravail. » Pour Whodunit, les résultats sont aujourd’hui là avec une augmentation tant de la satisfaction client que celle du bien-être de ses salariés.

La preuve que le full remote, bien pensé, peut être source de véritables gains d’efficacité.

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