Avec le slow working, on travaille moins vite pour travailler mieux

Jan 21, 2021
vue d'en haut d'une table avec des ordinateurs et des poings

Les adeptes du slow working interrogent notre notion de la performance au travail et remettent en question notre rapport au temps. Zoom sur un concept qui fait du bien-être au travail une valeur centrale.Le smartphone sur l’oreille droite, la tablette sur les genoux et les yeux rivés sur le PC, tant Eric que Julie tentent de boucler pour la fin de matinée la liste de leurs tâches qui leur semble interminable. Le temps presse leur a-t-on dit à tous les deux : soyez efficaces. Et pour y parvenir  il faut travailler vite, toujours plus vite. Vraiment ?Et si, au contraire, on ra-len-ti-ssait ?  En cette ère d’instantanéité permise par les outils numériques, c’est mission impossible allez-vous objecter. C’est au contraire, exactement ce qu’il convient de faire s’exclame en chœur les partisans du slow working pour qui réside dans son adoption une réponse (au moins partielle mais efficace) aux phénomènes de burn-out, bore-out et de brown-out et permet de laisser toute sa place au plaisir au travail. En elle-même, la notion de slow working n’a rien d’une nouveauté. Le concept est l’enfant du mouvement slow food. Né dans les années 1980, celui-ci encourage les uns et les autres à se réapproprier les plaisirs de la table avec ses proches pour faire des repas un moment de partage et de découvertes. Il a ensuite donné lieu à des déclinaisons multiples et a fini par pénétrer le monde de l’entreprise, donnant donc naissance au concept de slow working.  

Privilégier la qualité à la quantité

Selon Diane Ballonad Rolland, fondatrice du cabinet Temps & Equilibre et auteure de  l’ouvrage  Slow Working - 10 séances d'autocoaching pour travailler moins mais mieux (Vuibert), « Avec le slow working, l’idée est de repenser son rapport au travail et sa gestion du temps. L’objectif est d’être efficace sans s’épuiser, d’atteindre ses objectifs en travaillant plus lentement. Plus qu’une philosophie, c’est une révolution douce, qui s’oppose à ce que l’on voit aujourd’hui dans les entreprises. Plutôt que le court-termisme, le culte de la performance et le multitâche, nocifs pour la santé, le slow working remet le travail à sa juste place. Il privilégie la qualité à la quantité. L’idée est de travailler intelligemment, plutôt qu’à l’excès. »1 On l’aura compris : il ne s’agit pas de travailler au rythme d’une tortue, mais de repenser le concept même de performance au travail. S’agit-il d’être productif ou de s’épuiser ? En ralentissant le travail, on donne à son corps la possibilité de se régénérer. Le stress va peu à peu disparaître laissant la place à un surcroît de concentration et de créativité. Les performances en sont multipliées sur le long terme.

Voici les trois grands principes qui sous-tendent la mise en œuvre du slow working :

- Être attentif à ce que l’on fait
Travaillez avec concentration, en sachant qu'il est normal d'avoir des périodes où vous avancerez un peu plus lentement. De quoi faire la différence dans le travail que vous produirez plus tard.
- Simplifier le travail autant qu’il est possible de le faire
Voyez s'il est possible d'échanger les tâches que vous n'aimez pas avec un collègue qui n'y voit pas d'inconvénient. Et vice versa, bien sûr. Chacun peut  ainsi se focaliser sur les actions qu’il maîtrise le mieux. Cela évite de gaspiller de l’énergie et du temps.
- Rester curieux et ouvert aux opinions de ses collègues
Il faut rester ouvert et transparent avec vos collègues, votre manager, vos clients, etc. Il vous sera plus facile de vous faire une idée de ce qui les préoccupe ou de constater qu'ils éprouvent des difficultés dans un domaine ou un autre. Si vous allez vers eux, ils viendront vers vous, et c'est ensemble que vous trouverez de nouvelles idées à développer. Le slow working est également un travail d’équipe. Mais aussi un projet d’entreprise.
En effet, parce que l’on ne saurait être slow worker seul dans son coin, la mise en place du slow working dans une organisation doit passer par l’adhésion de tous, et en premier lieu de celle de la direction.

Certes, il s’agit d’une réelle révolution conceptuelle des modes d’organisation et de la gestion du temps. Mais l’idée entre pleinement en résonance directe avec les générations Y, Z pour qui la satisfaction au travail est un critère cardinal d’embauche et de fidélisation, au même titre (et parfois plus) que le salaire. De plus en plus d’entreprises en ont d’ailleurs conscience. Exemple avec Microsoft qui en 2019 a testé, au Japon, la semaine de 4 jours. Avec pour résultat, une augmentation réelle du bien-être des salariés, 92 % d’entre-eux déclarant préférer la nouvelle organisation du travail, et un bon de la productivité de près de 40 %. A méditer...

1 Sur le site Courrier Cadres, décembre 2020.

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