Susciter l’engagement des salariés, une mission impossible ?

Jun 20, 2020
Femme travaillant sur son ordinateur portable

L’engagement des salariés est désormais un sujet central des directions RH. Pour autant, au sein des entreprises, le taux d’engagement des employés reste particulièrement bas. Peut-on y remédier ?  

C’est l’une des préoccupations principales des directions RH. L’engagement des salariés envers leur entreprise est désormais reconnu comme un actif stratégique des organisations. Et pour cause ! L’employé engagé est passionné par son métier et fera preuve d’un véritable dévouement pour son entreprise. Moins enclin que ses collègues à la quitter, il est de plus moins absent et bien plus performant. Bref, c’est le Saint Graal de toute entreprise. A raison : selon une enquête Gallup de 2013, plus les collaborateurs d’une société sont engagés, plus celle-ci est profitable. Pourtant, malgré toute l’attention désormais portée au sujet, le taux d’engagement des employés reste particulièrement bas.

Des taux d’engagement très bas

Qu’on en juge ! En 2016, une enquête de l’institut Gallup montrait que malgré toutes les initiatives prises par les entreprises, seuls 13 % des salariés américains se disaient activement engagés. Une autre enquête similaire du même institut révélait, en 2017, qu’en France les chiffres étaient encore plus bas avec seulement 6 % des employés de l’Hexagone se déclarant engagés au travail. Une augmentation du taux d’engagement relèverait-elle de la mission impossible ?

Assurément non. Augmenter l’engagement des salariés est un objectif atteignable. A condition, toutefois, de prendre réellement en compte la dimension plurielle de la question. Car on ne fait pas des employés engagés comme on fait pousser des champignons. Les leviers de l’engagement sont nombreux et les DRH doivent jouer sur l’ensemble de ces derniers, d’où la difficulté de la tâche.

Ne pas confondre satisfaction et engagement

Dans un premier temps, il s’agit déjà de ne pas confondre les notions. A ce titre, satisfaction et engagement ne sont synonymes. La satisfaction de l’employé n’est que la première brique qui mènera, au bout du compte à l’engagement de ce dernier. Un salarié content de ses horaires et conditions de travail, de son salaire et de ses relations avec l’équipe sera plus enclin à s’engager véritablement pour son entreprise. Mais ce n’est là que la première étape. Pour aboutir à l’état d’engagement véritable, ce sont bien l’ensemble des préoccupations des salariés qu’il faut savoir prendre en compte alors que 81 % d’entre eux se disent prêts à quitter leur place pour une meilleure proposition.

Les motifs du divorce employeur/employé

Selon une étude 2017 du site américain Employee Benefits News, les principaux motifs qui poussent les salariés à quitter leur job sont :

  • Les problèmes d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée
  • Les perspectives de carrières
  • Les relations avec leur supérieur hiérarchique
  • L’absence de reconnaissance

C’est donc bien sur ces différents volets que l’entreprise devra jouer afin de maximiser l’engagement de ses salariés. Et pour y parvenir, pas de recettes miracle, mais un impératif : communiquer.

L’importance d’une communication interne efficace

Susciter de l’engagement, c’est d’abord assurer une communication efficace entre, non seulement, managers et salariés, mais également entre employés eux-mêmes. De quoi créer un lien profond entre les collaborateurs, quel que soit leur niveau hiérarchique et, au final, produire chez les collaborateurs une véritable adhésion à la vision, aux valeurs, et aux objectifs de de l’entreprise qui les emploie. Pour y parvenir, la direction RH doit :

  • Promouvoir la transparence à travers des canaux de communication bien identifiés
  • Encourager la communication entre employés y compris à travers les réseaux sociaux
  • Récompenser les efforts fournis par les collaborateurs et le faire savoir
  • Utiliser les plateformes numériques afin de personnaliser au mieux les communications selon les besoins de chacun
  • Développer une culture du partage

A l’heure actuelle, de nombreux fournisseurs de solutions RH proposent des plateformes avec des fonctionnalités afin de maximiser l’engagement du collaborateur via des outils mobiles, flexibles, etc. Cela peut, par exemple, prendre la forme d’un chatbot qui lui permettra de communiquer en temps réel sur les questions qui le concerne (mariage, déménagement, etc.), de suggérer à ses collègues un déjeuner, ou de prendre un rendez-vous avec son manager.

L’engagement, un effort continu

Toutefois, rien ne doit être tenu pour acquis. En matière d’engagement du salarié, l’effort fourni par l’entreprise doit être continu. Pour cela, elle doit être attentive aux aspirations du salarié à tous les stades de sa carrière. Comme le note Maria Pia Donati, consultante psychologue et chargée de recrutement chez Central Test, éditeur de tests psychométriques en ligne, à l’occasion d’une interview donnée au site myRHLine, « un employé plutôt junior manifestera plus souvent une grande ambition et une soif d’apprendre et faire ses preuves, tandis qu’un employé plus sénior sera plutôt motivé à transmettre son savoir-faire et partager son expérience. Mais si l’engagement ne tenait qu’à cela, l’analyser serait plus simple. Il faut prendre en compte tous les éléments de variation, notamment la personnalité des sujets. »

On le voit. C’est à un pilotage extrêmement fin auquel doivent se livrer les entreprises pour augmenter le taux d’engagement de leurs collaborateurs. Dans le même temps, alors que l’époque se caractérise par une véritable guerre des talents, elles n’ont guère le choix si elles veulent fidéliser les meilleurs éléments. Afin d’y arriver, c’est, au final, une véritable culture de la confiance qu’elles sont tenues de mettre en place avec leurs employés. La preuve qu’encourager l’engagement des salariés est aussi une question d’éthique.

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