Télétravail : Airbnb 1 – Apple 0

May 19, 2022
bureau avec un ordinateur et une télé affiché "Netflix"

Les protestations des salariés ont eu raison de la politique de retour au bureau trois jours par semaine que voulait mener le fabricant d’iPhone. De son côté, Airbnb a fait le choix du télétravail à 100 % et ne croit plus au travail sur site. Devinez de quel côté se trouve la modernité ?

La résistance des salariés aura eu raison des projets de la direction générale d’Apple. Le géant américain  avait battu le rappel de ses troupes jusque-là majoritairement en télétravail, crise du Covid-19 oblige. Peine perdue : le retour au bureau trois jours par semaine n’aura pas lieu. Tout au moins, pas tout de suite.

Le projet est repoussé à cause de la résurgence de la pandémie, avance la firme de Cupertino. Voici pour la version officielle. Beaucoup plus probablement, ce sont  les remous provoqués par les équipes qui ont forcé les dirigeants à revoir leur copie. A compter du 23 mai, celles-ci devaient réintégrer les locaux les lundis, mardis et jeudis. Ce ne sera finalement pas le cas, avec une présence limitée sur site à deux jours par semaine, comme c’est le cas depuis le début du mois d’avril (et le reste, donc, en télétravail).

Vers une vague de démissions ?

Reste que pour Apple, les dégâts sont déjà là. Pour protester contre la politique du retour au bureau, Ian Goodfellow, le  « Monsieur » intelligence artificielle et machine learning du fabricant d’iPhone n’a pas hésité longtemps. Il a choisi de démissionner et va rejoindre Alphabet, la maison-mère de Google, dont la politique en matière de télétravail est moins rigide.

Dans une note à l’intention de son staff, Ian Goodfellow explique  croire « fermement que plus de flexibilité aurait été la meilleure politique à adopter pour mon équipe ». Il ne serait, d'ailleurs, pas le seul à le penser. D’autres départs seraient attendus.

Télétravail : l’erreur stratégique d’Apple

Le groupe Apple, qui a fait de l’innovation le moteur de son activité, serait-il coincé sur de vieux schémas de pensée quand il s’agit d’aborder la question du télétravail ? En tout cas, l’erreur commise est assurément stratégique. A l’heure où la guerre des talents fait rage, les salariés sont plus que jamais en demande de flexibilité. C’est bien ce dernier terme qui constitue le mot clé et permet de comprendre le fin mot de l’histoire.

Désormais, pour les employés, le concept de travail à distance – les fameux remote jobs -, ce n’est pas juste pour travailler de chez soi (ou depuis le lieu de son choix). Alors que le modèle hybride (qui panache jours au bureau et télétravail) est actuellement celui qui tend à s’imposer, les salariés souhaitent également  pouvoir déterminer eux-mêmes quels seront les jours en présentiel et ceux travaillés en distanciel.

Une demande fortement mise en relief par l’enquête EY 2021 « Work Reimagined Employee Survey ». Selon cette dernière, 90 % des employés interrogés estiment qu’ils doivent pouvoir choisir quand et d’où ils travaillent.

Airbnb embrasse la révolution du full remote

Brian Chesky l’a très bien compris. Contrairement aux dirigeants d’Apple, le patron d’Airbnb a décidé de « libérer » ses 6 000 salariés en poussant le télétravail et la flexibilité qui doit lui être associée jusqu’à sa conclusion logique. Ces derniers devaient réintégrer leurs bureaux avant septembre 2022. C’est en fait l’exact inverse qui est à l’œuvre puisque la possibilité d’opter pour le travail à distance à plein temps (full remote) leur est désormais donnée.

« Le travail à distance est devenu l’un des moteurs de développement de l’entreprise… C’est un bon moyen d’encourager des salariés à tester eux-mêmes le service qu’ils proposent à leurs clients », explique Brian Chesky.

Dans un tweet destiné à ses salariés, il estime même que « les entreprises qui se limiteront à un vivier de talents basés dans le même périmètre que leurs bureaux seront très désavantagées à l’avenir car les professionnels compétents se trouvent partout dans le monde ».

Et ce dernier d’enfoncer le clou. « Le bureau tel qu’on le connaît, c’est fini. Il s’agit d’une forme anachronique qui vient d’un âge pré-numérique », autrement dit, sans avenir.

En ce qui concerne le télétravail, le match de la modernité est incontestablement plié. Airbnb  1 – Apple 0.

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