Le marché du travail malade du coronavirus

Jun 20, 2020
Coronavirus, Virus du covid-19 zoomé

La crise du coronavirus n’en est qu’à son début. Mais beaucoup s’inquiètent des conséquences qu’elle pourrait faire subir au marché du travail. Même s’il est encore difficile de dire quel sera l’impact exact de cette crise sanitaire, le gel des embauches et une forte remontée du taux de chômage font partie des craintes déjà exprimées.  

Un recrutement qui continue dans certains secteurs…

Pour le moment, le recrutement de certains postes stratégiques ne semble pas devoir souffrir du ralentissement de l’activité. C’est le cas de certains profils de commerciaux et de business developers. Selon le Financial Times, les entreprises du secteur technologique continuent d'embaucher pour tirer parti d'un monde qui passe de plus en plus au numérique en raison du coronavirus. D’après le quotidien britannique, rien qu’en Californie 15 852 postes seraient ouverts à l’embauche dans ce secteur.

Alors qu’une grande partie du monde occidental est en confinement, les commandes sur les sites de e-commerce explosent. Amazon vient ainsi d'annoncer le recrutement de 100 000 personnes à temps plein ou partiel aux Etats-Unis.

Mais tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Et la situation est beaucoup plus contrastée ailleurs.

…Dans d’autres, des recrutements en attente ou annulés

La crise du coronavirus a touché de plein fouet plus d’un secteur. Le tourisme, le transport aérien, l’aéronautique, la restauration, l’événementiel, le luxe, la publicité... Plusieurs cabinets de recrutement font déjà état de cet impact. Certaines missions de recrutement semblent désormais en attente de jours meilleurs. Interrogé par le site Cadremploi, Emmanuel Stanislas dirigeant du cabinet de recrutement Clémentine ne cache pas son pessimisme. « Mes clients dans le luxe affichent en façade de la confiance et de l’optimisme, mais reportent sine die les recrutements initialement prévus dans les semaines à venir, confiait-il début mars au mensuel. Dans le tourisme, c’est encore pire, ajoute-t-il : « En quelques jours, on est passé d’une situation où l’on définissait ensemble des profils de candidats à un discours où, la fin des périodes d’essai pour les nouveaux arrivants, est évoquée ».

Dans les entreprises, les DRH sont pour le moment plus occupés à gérer les conséquences de la crise sur les salariés qu’à traiter d’éventuels recrutements. Avec la mise en place de nouvelles mesures de confinement, ils ont, il est vrai, d’autres chats à fouetter. C’est toute l’organisation du travail qui est en train d’être remise à plat dans les entreprises.

Le télétravail légitimé

La pandémie a mis les entreprises devant un véritable défi. C’est en effet toute l’organisation du travail qui a dû être redéfinie. En seulement quelques jours, pas moins de 1,6 million de salariés ont été mis au chômage partiel ou technique en France, selon le dispositif élargi mis en place pour faire face à la crise. Mais à chaque fois qu’il était possible de le faire, les entreprises ont proposé à leurs collaborateurs de continuer à travailler depuis leur domicile. Avec le télétravail, l’équipe managériale et les salariés sont dans l’obligation de définir de nouveaux process. Pour les entreprises, il ne s’agit pas de laisser leurs salariés en roue libre. Le contact doit être quotidien via visioconférence, une occasion de faire le point sur l’avancée des missions et de continuer à mobiliser les équipes. S’il a donné lieu, pour certains, à une période de flottement pendant laquelle il a été difficile de faire partager sur un même lieu l’espace privé et l’espace professionnel, il semblerait que peu à peu, l’adaptation au télétravail se fasse plutôt bien. Les salariés découvrent certains avantages associés comme l’absence des trajets, la flexibilité des horaires ou l’optimisation des heures travaillées et non travaillées.

Le télétravail pour attirer les meilleurs talents

Dans une analyse publiée dans le quotidien en ligne La Tribune, Antoine Levy, PhD au MIT, et Florian Ingen-Housz, Partner chez Altermind évoquent l’idée selon laquelle le télétravail pourrait bien devenir un enjeu crucial d’attractivité des meilleurs talents. Avant même la pandémie, les mouvements de grève en décembre 2019 avait favorisé la mise en place du télétravail dans certaines entreprises. L’étude « Télétravail 2020 » de Malakoff Humanis, publiée au début du mois de mars, révèle que 38% des salariés qui n’avaient jamais opté pour le travail à distance y ont eu recours à cette occasion et que la majorité ont perçu une nette amélioration de leur bien-être sans pour autant affecter leurs performances au travail.  

La crise du Covid-19 contribue indubitablement à faire entrer le télétravail dans une nouvelle ère. Ce mode de fonctionnement, préfigure-t-il d’un avenir bien différent ? Celui où les entreprises pourraient aller plus loin et opter majoritairement pour le « remote », forme d’organisation du travail où l’ensemble des collaborateurs d’une entreprise travaillent en permanence à distance. Si on en est loin aujourd’hui, nul doute que le sujet va se retrouver à l’ordre du jour d’un nombre toujours croissant de sociétés.

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